"LE TUEUR À L'OREILLER (L'AFFAIRE YVAN KELLER)"
Entre 1989 et 2006, des femmes sont assassinées en Alsace. Toujours le même profil : des femmes âgées, vivant seules dans un pavillon.
Au départ, les médecins ne se doutent de rien, pour eux, ces vieilles dames sont mortes durant leur sommeil, de cause naturelle. Mais suite à de nombreuses plaintes, la police va se rendre compte qu'elles sont les victimes d'un tueur en série, un jeune homme qui a l'habitude de les étouffer avec leur oreiller avant de les border et de s'enfuir avec des bijoux...
Certains le soupçonnent d'être "le tueur en série du siècle"...
Le “plus grand assassin du XXe siècle” est mulhousien et n’a jamais été jugé
Le 20 septembre 2006, le Wittenheimois Yvan Keller avoue à un juge mulhousien 150 meurtres. C’est potentiellement “le plus grand meurtrier du XXe siècle”. Mais deux jours plus tard il se suicide dans une geôle du tribunal et ne sera jamais jugé. Retour sur cette histoire incroyable.
On est dans les années 1990 dans le secteur de Mulhouse et environs. Comme partout, des personnes âgées meurent dans leur lit. “Une belle mort”, concluent souvent les familles éplorées. Quand même… Par exemple, en 1994, il y a des morts suspectes de dames âgées dans la même rue à Burnhaupt-le-Haut. Elles avaient le même jardinier, mais le médecin conclut à des morts naturelles, dans leur sommeil. Pourtant de l’argent disparaît à chaque fois.
Dès 1994, un copain d’un certain Yvan Keller va voir les gendarmes, en déclarant : « J’ai peur que ce soit Keller qui ait tué les petites vieilles à Burnhaupt, plus une à Mulhouse, une à Sausheim… Je l’emmenais sur le lieu du cambriolage et j’apprenais, ensuite, la mort des petites vieilles. » Affaire classée… En 2001, le propre frère d’Yvan Keller le dénonce aux gendarmes du Bas-Rhin, parce qu’il s’est engueulé avec lui pour le partage d’un butin. Là encore, l’affaire est classée…
Quand les truands mènent l’enquête
En 2003, rebelote : ce frangin peu charitable va voir un policier de la BAC (brigade anticriminalité), qui se décide à mettre Keller sous surveillance. Et l’enquête montre qu’il emmène sa copine manger à la Tour d’Argent, qu’il vit comme un nabab alors qu’il n’est que jardinier…
Le 20 septembre 2006, il est mis en garde à vue. Au bout d’un certain temps, il avoue : « Oui, j’ai tué les personnes de Burnhaupt, la dame de Sausheim, celle de Mulhouse, deux autres dans le Bas-Rhin. » Et là, il ajoute : « J’ai tué au moins 150 personnes depuis 1989. » Et comme personne ne le croit, il propose même d’emmener les enquêteurs sur place. Car il y a très peu de plaintes. Keller précise : « Je les endormais. » Il leur pinçait le nez et leur mettait un oreiller sur la tête. “Une belle mort”, concluaient les familles…
Le coup du lacet
L’interrogatoire se tend, Keller se rétracte. Le 22 septembre 2006, il est mis en examen par le juge d’instruction à midi et il doit, à 14 h, passer chez le juge des libertés et de la détention. Il n’est plus en garde à vue, il n’est pas encore en détention. Donc on lui rend ses lacets. On le descend dans les geôles du tribunal. Son escorte lui propose une pizza et le laisse la manger seul. Quand le policier revient, Keller s’est pendu avec ses lacets, au crochet du néon.
Point final de l’affaire Keller. Le potentiel “plus grand criminel du XXe siècle” ne sera jamais jugé. La justice impute finalement 29 victimes “certifiées” à Yvan Keller et un non-lieu est ordonné en 2015.

Apparemment ,il avait annoncer environ 150 meurtres .
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