Les Tueurs du Brabant : la piste Française.
#Investigation : exhumation de corps dans l'enquête sur les tueurs du Brabant
Les tueries du Brabant : la plus grande énigme judiciaire belge du 20e siècle.
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Investigation vous le rappelait ce mercredi soir, il reste 5 ans avant d’atteindre la prescription dans le dossier des Tueurs du Brabant. Or la piste des suspects français ne semble pas être la priorité de la justice belge.
Dans ce cold case qui rassemble plus de 2 millions de pages, la politique générale des autorités judiciaires aujourd’hui, ce n’est pas de rouvrir de nouvelles pistes mais de finaliser les pistes jugées prioritaires et de trouver une preuve, quitte à aller creuser dans les cimetières.
La moitié des suspects " blanchis "
Il y a un an une vaste enquête scientifique était lancée. La juge d’instruction de Charleroi en charge du dossier, Martine Michel, a invité plusieurs centaines de personnes au profil suspect à se soumettre à un prélèvement ADN pour comparer leurs empreintes génétiques à celles présumées des tueurs du Brabant. Selon nos informations, environ 600 suspects figurent sur la liste et la moitié du travail a été effectué. Les résultats jusqu’à présent sont tous négatifs. La tâche n’est pas aisée. En effet, la loi belge ne permet pas le prélèvement sous contrainte et certaines personnes peuvent le refuser. Par ailleurs, il existe un autre obstacle majeur.
Les suspects décédés
Sur la liste des suspects, certains sont décédés. C’est le cas, par exemple, des 2 frères français, Thierry et Xavier S. Ils ont été récemment ajoutés à la liste des suspects. Pour eux, comme pour les autres suspects décédés, l ’espoir des enquêteurs est que leurs empreintes génétiques soient enregistrées dans une banque de données ou alors de pouvoir récupérer leur ADN sur des objets saisis dans le cadre d’anciens dossiers judiciaires. Si ce n’est pas le cas, les magistrats envisagent l’exhumation du corps des suspects. Mais là aussi, il y a un frein : le coût élevé que cela représente. Pour le moment la question a été soulevée mais elle n’a pas encore été tranchée. Prélever l’ADN d’un suspect n’est pas une mince affaire et l’on s’interroge aussi sur la fiabilité du résultat final.
Fiabilité de la preuve génétique
Il y a 35 ans, les techniques scientifiques relative à l’ADN n’étaient pas encore ou peu utilisées. A l’époque, les pièces à conviction ont été manipulées sans précaution par de nombreux enquêteurs et autres intervenants judiciaires. Les objets ayant appartenu aux tueurs ont donc pu être contaminés et même par des experts. Récemment, un ADN a matché avec celui présumé d’un des tueurs. L’ADN en question appartenait à une personne qui avait fait un accident en Allemagne. C’était malheureusement un faux espoir pour les enquêteurs. Cette personne était, en réalité, la laborantine qui avait dû effectuer un test sur des pièces du dossier des tueries du Brabant, dans un très sérieux laboratoire allemand. Manifestement, toutes les précautions d’usage n’avaient pas été respectées. L’analyse génétique, à elle seule, ne suffira sans doute pas à prouver la culpabilité d’un des 600 suspects.
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