CHICANOS , CHASSEURS DE TÊTES .
Avec : Charles Bronson, Wilford Brimley, Bruno Kirby, Ed Harris, Michael Lerner, Karmin Murcelo...
Budget : 5,8 millions de dollars Box-office USA : 2,3 millions de dollars Box-office France : 265 048 entrées Box-office Espagne : 240 247 entrées Box-office Allemagne : 125 276 entrées Jeb Maynard, chef de la Border Patrol près de San Diego, enquête sur le meurtre de son ami Jack Jackson et d’un jeune garçon mexicain. Il soupçonne rapidement un réseau de passeurs de migrants, contrairement au FBI qui privilégie la piste du trafic de drogue. Avec l’aide d’un jeune agent, Jimmy Fantes, il découvre des indices laissant penser qu’un ancien Marine est impliqué. Les analyses de terrain et de tomates retrouvées sur les lieux les mènent jusqu’au ranch d’un exploitant agricole, Carl Richards. Maynard rencontre Elena Morales, la mère du jeune garçon tué, et décide de travailler avec elle... Notre avis : Avec "Borderline", le cinéma américain de la fin des années 70 s’attaque frontalement à un sujet déjà explosif : la frontière américano-mexicaine comme ligne de fracture politique, sociale et morale. Loin des fantasmes spectaculaires ou du manichéisme facile, le film choisit une voie plus âpre, plus réaliste (très désenchantée) qui le rend aujourd’hui étonnamment actuel. Le récit épouse le quotidien d’un agent de la Border Patrol confronté à l’absurdité d’un système légal incapable de contenir des réseaux criminels parfaitement organisés. "Borderline" parle de trafic de drogue, bien sûr, mais surtout d’impuissance institutionnelle, de zones grises juridiques et de frontières qui ne sont jamais seulement géographiques. En cela, le film anticipe des débats qui, quarante ans plus tard, n’ont rien perdu de leur virulence, bien au contraire ! Au centre du film se tient Charles Bronson, dans un rôle qui illustre parfaitement la mutation de son image à la fin de la décennie. En ces lieux, Bronson compose un personnage fatigué, taciturne, presque mélancolique, un professionnel de terrain qui applique la loi sans illusion. Sa présence physique demeure imposante, mais le film joue surtout sur son regard, son silence et sa retenue toute en pudeur. Chaque plan semble porter le poids d’une lassitude accumulée, celle d’un homme qui sait que les arrestations ne suffisent plus. Cette économie de jeu est l’une des grandes réussites du film. Et c’est précisément cette intériorisation qui rend son personnage crédible et profondément humain. "Borderline" devient alors moins un polar qu’un portrait d’homme au bord de la rupture, coincé entre son sens du devoir et la vacuité des décisions administratives. La mise en scène, sèche et fonctionnelle, évite tout fétichisme de la violence. Les scènes d’action sont brèves, brutales, toujours réalistes, renforçant le sentiment d’un monde sans romantisme. La frontière est filmée comme un espace poussiéreux, impersonnel, presque hostile, et où la loi semble toujours en retard d’un coup. Film discret dans la filmographie de Bronson, "Borderline" n’en est pas moins l’un de ses efforts les plus lucides et matures. Sa force tient à ce refus du spectaculaire au profit d’un constat amer : Quand la loi devient une mécanique dysfonctionnelle, ce sont les hommes de terrain qui en paient le prix. Un polar pessimiste, et remarquablement pertinent, hier comme aujourd’hui. FILM COMPLET présenté par le Cosy Night Movies dans une copie HD tirée des meilleurs éléments à sa disposition. Ce film vous est par ailleurs proposé pour la première fois en streaming et en France en format 16/9 compatible 4/3 (format cinéma respecté), contrairement à tous les DVD français parus auparavant.
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